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Rencontre avec Sahé Cibot, sixième épisode
 29 Janvier 2013   linksky   Article

Avant dernière partie de notre entretien au long cours avec Sahé Cibot aujourd'hui. Nous débutons le weekend avec un petit détour du côté des johnny's avant de revenir bien vite vers les idols féminines avec sa conclusion sur le sujet. N'oubliez pas que les précédentes parties de cette rencontre, publiées au cours de la semaine, restent simplement disponibles via le sommaire récapitulatif ci-dessous :

Sahé Cibot


Avant dernière partie de notre entretien au long cours avec Sahé Cibot aujourd'hui. Nous débutons le weekend avec un petit détour du côté des johnny's avant de revenir bien vite vers les idols féminines avec sa conclusion sur le sujet. N'oubliez pas que les précédentes parties de cette rencontre, publiées au cours de la semaine, restent simplement disponibles via le sommaire récapitulatif ci-dessous :

Lundi:Présentation, récapitulatif de son parcours.
Mardi:Point sur Nolife et sa vision des médias.
Mercredi:L'évolution de la J-Music en France, la place de la K-Pop.
Jeudi:Organisation d'évènements en France.
Vendredi:Les idols en France.
Samedi:Les... johnny's en France (mais on continue sur les idols, promis).
Dimanche:Conclusion autour des concerts de Kyary Pamyu Pamyu.
Mais reprenons donc avec cette petite question sur le côté masculin du vaste monde des idols.

INN : Dans une interview que tu avais accordée l'année passée à Paoru.fr, tu évoquais notamment le fait que le label des johnny's ne s'intéressait pas à l'étranger, qu'il y semblait très fermé. La situation a-t-elle évolué à ce sujet depuis lors, pour cette frange johnny’s ou boys band en général ?
S.C. : À ce que je sais, c’est resté très fermé ! Personnellement, on m’avait dit : “les johnny's, laisse tomber. Ils ont enfin accepté de se déplacer en Asie et encore, c’est tout récent. Et puis si jamais ils acceptent de venir en France, ils vont te faire la misère sur la partie promotion parce que t’as pas le droit de faire ci, t’as pas le droit de faire ça etc.” Si je passe par une équipe Com qui n’a pas le droit de faire ce qui était évoqué dans les exemples que l’on m’avait cités, autant ne rien demander à personne. C’était de l’ordre de : si tu mets un poster pendant une dédicace ou une simple présentation, il faut les détruire par la suite... C’est incohérent, au vu du nombre de photos qui circulent, le nombre de drama téléchargés, etc., ça sort de leur zone de contrôle. À un moment, il faut lâcher la bride, mais ils n’ont pas encore compris cela... Je pense que si à un moment, il y a une prise de conscience forte par rapport à ce que l’on disait sur la K-Pop tout à l’heure, où il y a quelqu’un qui est assez haut placé, qui a assez de pouvoir et qui dit “on y va maintenant !”, ça débloquera alors des choses. Mais tant qu’il n’y a pas une voix forte de ce genre, ils vont se contenter de ce qu’ils ont déjà. Sachant qu’ils ont déjà beaucoup et ne sont pas dans le besoin de se faire connaître.
J’ai entendu parlé de certains johnny’s qui étaient un peu moins connus au Japon ou en pause en quelque sorte, qui lorgneraient vers l’étranger. Ou l’on m’a informée de certaines personnes qui s’intéressaient à l’étranger, mais plus de façon personnelle. Puis pour faire accepter le management ensuite, fallait sortir la paire de rames et ramer pendant cinq ans... Autrement dit c’est pas gagné. Je pense qu’à notre niveau, il faudrait vraiment qu’on rencontre une personne clé et que quelque chose se passe. Maintenant ce que je dis depuis qu’on me pose des questions sur les johnny’s, c’est que si certains sont connus, jouent dans des dramas etc., il y a également d’autres groupes qui leur ressemblent, qui sont dans un concept similaire et pour nous, c’est plus facile d’approche ! On n’a pas eu d’opportunités jusque-là, il y a des projets qu’on tente et qui ne peuvent pas voir le jour parce que l’artiste est trop occupé ou qu’il quitte le management avec qui on s’entend bien, des choses comme ça... Ce sont les aléas de la vie professionnelle, mais au final, on n’a pas eu d’opportunités dans ce sens-là pour le moment. Mais le jour où l’on en aura, on le fera. Ou s’il y a des coréens qui nous sollicitent avant et qu’on arrive à trouver un accord avec un tel management d’artiste Coréen, eh bien on fera ça ! Tout ce que je souhaite à l’industrie musicale japonaise, c’est qu’ils se mettent à l’écoute de l’international. Par exemple, je lance l’idée : si par le plus grand des hasards quelqu’un lit cet article et a l’envie de lancer un groupe de johnny’s avec originalité, en leur faisant d’abord faire un concert à l’étranger... On est là ! On sait le faire, on l’a fait pour des idols féminines, on peut le faire avec des hommes. Donc à bon entendeur...

Pour conclure, aurais-tu une petite anecdote, un ressenti à partager avec nos lecteurs concernant les concerts ou évènements « idols » que vous avez pu nous proposer ?

Kikkawa You (Japan Expo Centre)

Des anecdotes, il y en a plein... des racontables, il y en a moins ! Bon, personnellement, je me retrouve souvent sur scène à dire : “au revoir les gens” (rires), je fais un peu le rôle de la méchante. Ce sont parfois des choses qui arrivent, qui ne sont pas planifiées. Quand je déboule sur scène quelque peu en stress, avec mon talkie qui pendouille, les cheveux en bataille et que je dis : “bon bah... c’est finis...” ; ce n’est vraiment pas quelque chose qui est calculé ! On se dit qu’il faut faire quelque chose, que cela ne s’est pas passé comme prévu ou qu’il y a eu un manque d’anticipation par rapport à ce qu’il aurait fallu faire, à savoir des annonces. Il m’est donc arrivé plusieurs fois d’aller sur scène, des fois de manière un peu maladroite et de dire : “bon bah les gens la sortie c’est par là, le merchandising, c’est par là, allez (salut) !” Je vais peut-être travailler mon discours, ou planifier des interventions un peu plus travaillées. Enfin, ce sont des anecdotes très personnelles.
Puisque vous traitez des idols, j’ai constaté ces derniers temps par rapport à ces dernières — sans en être une professionnelle, vraiment — j’ai trouvé que d’une manière générale, les idols ont plus de personnalité prise individuellement que soit l’image que j’en avais, soit ce qu’elles étaient avant ou l’image qu’elles renvoyaient auparavant ! Je trouve qu’il y a plus de caractères forts maintenant dans les idols et c’est super intéressant par rapport à ce genre-là, parce que cela veut dire qu’il y a une évolution qui est en train de se faire par rapport au “formatage” de ces artistes. Car l’idée de base est quand même un produit marketing formaté pour répondre à une demande masculine, sauf que maintenant, il y a de plus en plus de public de filles. Alors je ne sais pas où est la demande, où est l’offre et où est le hasard ; mais il y a aussi de fortes personnalités qui à mon avis, peuvent être inspirantes pour un public féminin qui va se reconnaître plus en ces filles-là que dans des filles un peu moins franches par exemple.
Une idol comme You Kikkawa, je trouve qu’elle est très intéressante dans cet aspect. C’est une pile électrique cette fille, elle court partout (rires). Alors quand on est sur le festival, qu’on est crevé et qu’elle est là à courir dans tous les sens : “donne-moi un peu d’énergie s’il te plaît” (rires). Enfin voilà, c’est le genre de personnalité que je trouve super intéressante dans le milieu des idols. Et je pense que dans les années à venir, cela va être intéressant d’observer cela aussi, de voir comment les choses évoluent. De ce que j’ai compris de ma courte expérience des idols, c’est qu’il y a des révolutions régulières : Akimoto qui lance quelque chose1, ensuite il y a eu la révolution Tsunku♂2. Puis là Akimoto refait une révolution3 et Tsunku♂ essaye de faire des choses... Du coup, c’est ce que j’appelle même s’ils ne sont que deux en quelque sorte une concurrence positive. Il y a quelqu’un qui va faire une proposition complètement nouvelle qui va changer la donne et du coup, tout le monde va se gratter la tête en disant “qu’est ce qu’on peut faire ? Tiens, on va faire pareil !” Et puis il y a des gens qui vont se dire : “bon, maintenant qu’il y a cinquante personnes qui ont fait pareil, qu’est-ce que je peux faire pour me démarquer, pour sortir du lot dans tout ça ?” Je trouve cela super intéressant à observer en fait... Ce n’est pas vraiment une anecdote, mais c’est une réflexion sur les idols.
[1] : Elle évoque ici le Onyanko Club créé par Akimoto Yasushi en 1985, qui fut le premier grand regroupement d’idols féminines. [2] : On parle ici des Morning Musume。 à la fin des années 90, avec les débuts Hello! Project. [3] : Elle aborde bien entendu les AKB48 et autres groupes “48”.

Tsunku♂ (Profil Ameba)

Akimoto Yasushi
(Profil Google+)


Finalement, l’interview prévue ne s’arrête pas en si bon chemin... Sahé rebondit alors sur les concerts de Kyary Pamyu Pamyu, pas encore annoncés à l’époque de cet entretien. Mais ce sera pour demain et la véritable conclusion de cette discussion !

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