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Rencontre avec Sahé Cibot, cinquième épisode
 29 Janvier 2013   linksky   Article

Vendredi, bientôt le weekend et la conclusion de cet entretien. Mais il reste bien des points à aborder avant cela avec Sahé Cibot ! Pour aujourd'hui, nous vous proposons de reprendre la route avec vos idols et quelques questions dédiées. Si vous avez raté les précédentes parties de cette rencontre avec la présidente de Soundlicious et responsable des relations avec le Japon des conventions Japan Expo, elles sont disponibles via la sommaire ci-dessous :

Sahé Cibot


Vendredi, bientôt le weekend et la conclusion de cet entretien. Mais il reste bien des points à aborder avant cela avec Sahé Cibot ! Pour aujourd'hui, nous vous proposons de reprendre la route avec vos idols et quelques questions dédiées. Si vous avez raté les précédentes parties de cette rencontre avec la présidente de Soundlicious et responsable des relations avec le Japon des conventions Japan Expo, elles sont disponibles via la sommaire ci-dessous :

Lundi:Présentation, récapitulatif de son parcours.
Mardi:Point sur Nolife et sa vision des médias.
Mercredi:L'évolution de la J-Music en France, la place de la K-Pop.
Jeudi:Organisation d'évènements en France.
Vendredi:Les idols en France.
Samedi:Les... johnny's en France (mais on continuera sur les idols, promis).
Dimanche:Conclusion autour des concerts de Kyary Pamyu Pamyu.

INN : Abordons des thématiques plus centrées sur les idols. Pour débuter, y a-t-il des spécificités, des difficultés particulières à travailler avec des artistes catégorisées comme idols et leur management ?
S.C. : Je vais parler des spécificités, car des difficultés, il y en a tout le temps, quel que soit le groupe. Chaque artiste a ses difficultés qui lui sont propres et ses avantages/inconvénients. Dans les spécificités des idols, une chose qui me fait plaisir, c’est qu’il n’y pas de backline : pas d’ampli basse, d’ampli guitare, batterie, tout ça ! Il y a juste les micros et ça, c’est pratique ! Ensuite, l’autre spécificité, c’est qu’on va de l’idol qui est toute seule au groupe où elles sont quarante-huit. C’est une particularité à laquelle on peut s’adapter ou pas. Par exemple, faire justement venir les AKB48 en payant les billets d’avion pour seize personnes, plus le management, plus les personnes qui tournent autour, cela fait un budget conséquent et du coup, ce n’est pas forcément réaliste... En tous les cas en terme de production, par nos moyens propres et sans sponsor. Faire venir une artiste solo ou un groupe de trois, c’est tout de suite un peu plus confortable. Pour citer une autre spécificité, il y a les photos dont je parlais tout à l’heure.
En fait, l’univers des idols est un milieu que je ne connaissais que très peu. D’ailleurs, pour la première que j’ai connue et que je suis allée voir en concert, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai observé. Je ne sais plus quand cela se passait, vers 2002/2003 environ, c’était Megumi Amano qui était venue à cartoonist en 2001 je crois. Ayant participée en tant qu’interprète, j’avais gardé contact et l’on m’avait un jour invité à la voir en concert. Je m’attendais à un public familial en fait ! Je ne connaissais pas, j’avais vu les idols à la télévision et m’étais dit que cela devait être pareil : un public familial. Au final, ce n’était que des places assises et j’étais la seule fille dans la salle, il n’y avait que des messieurs plus âgés que moi (rires). Je me suis dit que le public des idols n’était pas du tout ce que je pensais en fait... C’était ma première découverte puis sur le plan purement musical, j’avoue qu’écouter des musiques d’idols n’était pas non plus mon genre de prédilection quand j’avais envie de musique pour moi-même. Mais comme on essaye de faire de la transcription parfois, des traductions de paroles, j’ai aussi appris à voir ce qui se cachait derrière le côté un peu foufou, à comprendre le message qu’elles essayaient de faire passer et le côté encouragement, positiver... Du coup, c’est en travaillant avec les artistes d’Up-front notamment que j’ai fait mon éducation en terme de connaissance sur les idols. Pour en revenir à la question, il n’y a pas de tant de spécificités sur le plan opérationnel que ça, à part le fait qu’il n’y ait pas de backline et qu’il faut faire attention aux photos donc.

La grande majorité des évènements autour des idols en Europe se déroulent en France, est-ce qu’il y a pour toi une raison particulière à cela ?

Kikkawa You (Japan Expo Centre)

En ce qui nous concerne, ce n’est pas que l’on ne veut pas tester d’autres pays d’Europe, c’est souvent que les idols ont un planning tellement chargé au Japon que même pour faire une date parisienne, c’est la guerre. Dans l’idéal, on aimerait faire une mini tournée avec une date par exemple en Allemagne ou en Finlande. Ou encore une date dans un autre pays que la France puis un concert à Paris voire un concert ailleurs dans le cadre d’une convention Japan Expo. Pour résumer, on aimerait dans l’idéal pouvoir faire plusieurs dates, mais dans la réalité du planning des artistes, ce n’est pas possible !
Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Par exemple pour Buono!, je ne sais plus exactement combien, mais ça a déjà pris beaucoup de temps jusqu’à ce que je puisse avoir simplement l’information comme quoi elles étaient disponibles le week-end du 12 février, en 2012 ! Et dès que je l’ai su, on a lancé le projet à fond, même s’il y avait les vacances de fin d’année... Plus on parle à des gens qui sont connus au Japon, plus c’est difficile de faire plusieurs dates. Après, je pense qu’un jour si la demande vient de l’extérieur, si les japonais nous disent : “Voilà, on a déjà fait un concert avec vous, ça s’est bien passé, on était content. Maintenant, on a envie de passer un peu plus de temps, on a aussi les moyens de déplacer les nombreux staffs et accompagnateurs...”, on est ouvert à ça. Par exemple You Kikkawa, même si elle n’a pas fait de date payante, elle est allée à Orléans et JE Belgium, elle est sortie du territoire français, ce qui est positif et rare pour une idole. On aimerait le faire, mais c’est vraiment une question d’opportunité.
Ou l’on pourrait peut-être avec des idols peu connues, mais c’est une autre dynamique. Cela veut dire chercher beaucoup de petites salles, avec un risque de non-remplissage, c’est vraiment une autre manière de penser ou de monter le budget, une autre offre à faire au Japon donc. Cela se pense complètement différemment selon les idols, il faut aussi voir la notoriété dans les pays visés. Par exemple, mettons que l’on parte sur une date en Allemagne dans une tournée ; on a les contacts, c’est à côté... Mais on va nous dire que même si le groupe est sympa, qu’importe le genre, il va faire 200 places et pas à plus de 15€ (toujours pour l’exemple). Billets d’avion, transports sur place... du coup pour équilibrer tu te rends compte qu’il faudrait faire le prix à Paris où il y a plus de potentiel beaucoup plus cher... Pour récapituler, cela soulève d’autres problématiques auxquelles on n’a pas été confronté jusqu’à présent. Je pense que si jamais cela doit se faire, ce sera soit avec une idol qui a un peu de temps dans son planning parce qu’elle l’aurait décidé, soit car elle est dans un creux de vague en terme de carrière (ce qui arrive à tous les artistes) ou qu’elle n’a pas encore percé ou même parce que le management aurait décidé que stratégiquement, il fallait qu’il débloque une semaine pour faire des concerts en Europe.

Up Up Girls

Lors de la dédicace des Buono! à Paris, il a été distribué des DVD de présentation des Up Up Girls, est-ce que cela cachait un quelconque projet de venu en France ?
C’était pour les faire connaître. Ce n’était pas de notre initiative personnelle, mais du management de Buono! qui souhaitait faire connaître ce groupe en particulier. Et c’est tout. À ce jour, aucune discussion n’a été entamée ni évoquée. Peut-être qu’ils veulent faire quelque chose avec elles à l’avenir, mais pour le moment, je ne sais pas.

Il y a souvent des membres mineures parmi les groupes d’idols, comment abordez-vous cette problématique ?
C’est toujours un sujet délicat qui relève du droit du travail en France. À titre personnel, je ne maîtrise pas le droit du travail des mineurs, c’est un point que l’on n’a pas eu l’occasion d’aborder. Comme c’est une zone de nouveauté pour nous, pour le moment j’essaye plutôt d’enfoncer le clou par rapport à ce que l’on fait déjà en terme d’idols. Après, si tout marche bien, j'essaierai peut-être de voir comment bien faire les choses par rapport aux idols qui sont mineures ...

C'est ainsi que s'achève cette partie. Nous reprendrons demain en faisant un (léger) détour du côté des idols masculines et donc des johnny's.

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